"Tsiganes"-"Nomades" : un malentendu européen

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Présentation

Au-delà de la politique de démantèlement des « camps » et d’expulsion des « Roms » lancée par l’Etat français en juillet 2010, les mesures de ségrégation contre les « Tsiganes » se multiplient dans l’ensemble de l’Europe, différemment à l’Ouest et à l’Est, mais partout elles tendent à expulser un corps étranger. Il existe à présent à l’échelle européenne une « question Rom » que les revendications identitaires transnationales, porteuses d’équivoques, rendent peut-être plus redoutable encore. Cette production politique d’indésirables au sein des Etats-nations n’est pas une exception. Mais elle se nourrit ici d’une construction d’altérité spécifique, mélange de mépris culturel, de peur sociale et de haine raciale qui renvoie à l’image que l’Europe a d’elle-même, de son histoire, de sa vocation et de son destin.

Que signifie cette hantise d’un supposé peuple nomade dont les membres deviennent autant d’« étrangers de l’intérieur » parmi les nations, que celles-ci devraient assimiler ou éliminer ? Comment cette représentation d’un Autre européen a-t-elle pu et peut-elle encore se construire et parfois de manière interactive ? Quelle en est la fonction à l’heure de l’Union européenne et de la mondialisation ? Que dit-elle du collectif qui continue de produire et recycler cette image et les catégories  ou mythes qui lui sont associées (race, tribus, peuple, nation, minorités)?

Le projet de ce colloque est de réfléchir à la fois sur la situation politique présente, sur cette construction politique et culturelle, sur la réalité de l’histoire vécue par ces populations et communautés, et sur la manière dont ces groupes se construisent au plan social et symbolique.Il concerne donc plusieurs champs disciplinaires à la fois, que le colloque devra tenter de couvrir : histoire, sciences sociales et politiques, philosophie, anthropologie, littérature, linguistique. Au-delà des questions de représentation, sera posée pour finir celle d'une littérature "tsigane". On reviendra d'abord à l'histoire écrite et à écrire : au non-évènement du génocide, à la coupure qu'il n'a pas été, à la mémoire qu'il n'a pas produite.

Pour plus de précisions sur le déroulement de ce colloque, nous vons invitons à consulter :

Presentation

Besides the loud campaign launched by the French state in July 2010 to dismantle Roma settlements and expel « Roma » from France, and originally also to contest the citizenship rights of French « gens du voyage » or « travellers », segregation policies targeting « Gypsies » are multiplying all over Europe. Though modes may differ in Eastern and Western Europe, these policies aim to expulse a foreign body from national territory. The « Roma question », aggravated in some cases by transnational identity claims, reactive and sometimes equivocal, exists at present at a European scale.
The political production of undesirables by nation-states is neither a surprise nor an exception. However it rests here on the construction of a specific otherness, a combination of cultural scorn, social fear and racial hate which brings us back to the image Europe has of itself, its history, its vocation and its destiny.
 What is the meaning of this obsessive fear of so-called nomadic people, « inner foreigners » that European nations seek to assimilate, to expulse? How was and is this representation of a “European Other” possible? What is its function in the context of the European Union and of globalisation? What does it say of the collective body that continues to produce and to recycle this image and the categories with which it is connected (race, tribes, people, nation, minorities)?
The project of the conference  is to reflect on the alarming present situation, on its long term political and cultural construction, on the reality experienced by these populations, and on the way in which these groups shape themselves in social and symbolic terms. This reflection is connected to several disciplinary fields: history, social and political sciences, philosophy, anthropology, literature, linguistics. Besides questions of representation, the last day of the conference will address the issue of a “Gypsy” or “Roma” literature; before that, we will first go back to the question of writing and written history: to the “non-event” of genocide, to the breach it has not created, to the memory it has not produced.

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