"Tsiganes"-"Nomades" : un malentendu européen

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Compte rendu du cycle de conférences et débats
« Tsiganes, Nomades, un malentendu européen », 5-11 octobre à Paris
par Catherine Coquio.

Du 5 au 11 octobre 2011 a eu lieu à Paris un cycle international de conférences et débats scientifiques intitulé Tsiganes, Nomades : un malentendu européen. Une quarantaine de chercheurs de plusieurs disciplines (histoire, anthropologie, sciences politiques, littérature, philosophie, droit), et de diverses provenances (Italie, Angleterre, Allemagne, Suisse, Hongrie, Ukraine, Belgique, Roumanie) se sont retrouvés durant quatre jours de colloque et un cycle d’une semaine de projections et débats, pour réfléchir sur un paradoxe tenace : la présence pluriséculaire des mondes tsiganes en Europe, et la persévérance des « politiques tsiganes » qui ont travaillé à les en éliminer ou exclure, ou qui, à l’échelle européenne aujourd’hui, les incluent en tant que « minorité ethnique » sans les protéger en rien.
L’objectif était de cerner les facteurs reconduisant à chaque époque un « malentendu européen » consistant à traiter ces groupes insaisissables à travers des grilles, classifications et projections vouées à les figer et les écarter comme un corps étranger, en tant que « nomades » ou « inadaptés », éternels errants ou migrants, peuple venu d’ailleurs et irréductiblement « autre », étranger non seulement aux Etats-nations d’Europe mais à la « civilisation ». Ambivalente, cette image s’est développée dans les arts à travers la fascination pour le mythe bohémien, tandis que se développaient des pratiques policières de classement et de fichage traitant comme suspects ou ennemis ces « asociaux » héréditaires. La tâche que s’étaient fixée les organisateurs était de décrire et d’historiciser ce phénomène, de tenter de le comprendre et l’interpréter afin de le dépasser, par une critique politique et épistémologique.
Cette entreprise était pilotée par le laboratoire « Littérature et Histoire » de l’Université Paris 8-Saint-Denis, en collaboration avec le Mémorial de la Shoah, l’Institut hongrois de Paris, la Maison des Ecrivains et des Livres, et le laboratoire « Item » de l’Université de Pau - où un deuxième volet doit se tenir les 24 et 25 novembre 2011, centré sur le cas français. Le projet, soutenu par la commission « Histoire » de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, l’Institut Universitaire de France, et la Maison des Sciences de l’Homme, a été conçu et conduit par Catherine Coquio (Paris 8) et Jean-Luc Poueyto (Pau), spécialistes l’une du témoignage des catastrophes historiques, l’autre ethnologue du monde manouche, en collaboration avec une équipe d’historiens et d’anthropologues (Henriette Asséo, Leonardo Piasere, Alain Reyniers, Michael Stewart, Charles Urjewicz, Ilsen About).
Ce colloque, le premier d’ampleur internationale et d’inspiration interdisciplinaire sur le sujet, marque une étape dans l’élaboration intellectuelle et l’institution académique de cet objet d’étude. Se situant dans une conjoncture spécifique, il a permis un échange entre chercheurs de formations et d’horizons différents, mais aussi de deux générations : ceux qui, dès les années 1970-1980, ont ouvert d’authentiques champs de recherche dans ce domaine grevé par des blocages politiques et des non-dits cultivés, et ceux qui, dans le contexte du post-communisme et de la construction d’une « Union Européenne », dépouillent des archives longtemps ignorées ou inaccessibles, explorent ces champs  avec une précision croissante et fraient de nouvelles voies en infléchissant les modèles interprétatifs, permettant qu’ait lieu un retour sur les modes d’écriture de l’histoire et d’élaboration des savoirs.
Ces travaux se conduisent dans un contexte de crise que chacun sait alarmant. La construction laborieuse d’une Europe politique se fait sur fond de crise économique et de crispations identitaires qui tendent à faire de la « migration » un problème majeur, et à ethniciser les problèmes sociaux et récits collectifs. Devant le regain des persécutions dans la plupart des pays d’Europe, et le durcissement des politiques de contrôle, de stigmatisation et d’expulsion à l’Ouest comme à l’Est, ce colloque prenait le parti de réfléchir sur les tenants et aboutissants de la « question rom » en remontant aux sources et racines de « l’anti-tsiganisme » à la fois dans l’histoire politique, l’histoire sociale et l’histoire culturelle.
Les chercheurs se sont donc interrogés sur les formes de continuité de ce phénomène, impliquant le déni du génocide nazi, et sur l’inspiration actuelle des politiques menées par les institutions européennes. Il s’agissait non seulement d’établir ou rétablir des faits longtemps ignorés ou minorés, mais d’interpréter leur déni au long cours - y compris dans l’université -, de saisir et déconstruire ce qui fait si profondément obstacle ici à la compréhension de l’autre, et de soi, et de croiser les savoirs afin d’approcher les relations complexes entre les mondes tsiganes et le monde des « Gadjè » (non-tsiganes). Le colloque visait un état des lieux de la recherche historiographique et ethnographique, une réflexion critique sur un phénomène social, politique et mental, mais aussi sur le legs des savoirs et de la culture, et sur la notion même de « culture ». Une réflexion sur la langue et les textes devrait s’attacher à déconstruire le legs racialiste de l’ancienne philologie, pour s’interroger sur les usages politiques de la langue « rom » et la production de « littératures roms » au prix d’autres malentendus.
La question du génocide nazi, qui occupait toute la première journée, exclusivement historienne, rassemblait des historiens des mondes tsiganes et des historiens de la Shoah (Annette Wieviorka, Jean-Yves Potel). Une attention particulière a été portée aux recherches récemment menées sur les territoires de l’Est. Mikhail Tyaggly (Centre de recherches sur l’Holocauste de Kiev), a évoqué la politique nazie d’occupation et d’extermination des Roms en Ukraine, après que la persécution des Roms d’URSS entre 1941 et 1944 ait été évoquée par Martin Holler (Humboldt Universität, Berlin). Tatiana Sirbu (Université libre de Belgique) a exposé ses travaux sur la déportation des Tsiganes de Bessarabie vers la Transnistrie à partir d’archives jusqu’ici négligées, et de témoignages recueillis en Moldavie. Tous trois ont montré combien les modalités et l’intensité de l’extermination avaient varié selon l’autorité d’occupation dominante et le degré de collaboration des autorités et populations locales.
Un retour critique a été réalisé sur l’histoire de la politique hitlérienne et l’Allemagne d’après-guerre, et sur les raisons d’un retard historiographique ici dû à un contournement des archives : Henriette Asséo a montré que la recherche, minée par une vision ethniciste qui incorporait la pensée racialiste tout en effaçant l’événement, s’était rendue aveugle au rôle décisif des pratiques administratives et policières, et aux phénomènes de rupture et de continuité réels. Frank Sparing, qui fut l’un des premiers historiens allemands à affronter la question en étudiant la création des « Zigeunerlager » des les années 30, a rappelé les étapes du processus d’extermination des Tsiganes du Reich, puis les méthodes concertées de restriction de la politique de réparations en Allemagne fédérale, empêchant toute reconnaissance juridique du génocide et des torts subis par les victimes. Michael Stewart (University College of London), a analysé la radicalité spécifique de la politique d’extermination en Autriche et ses facteurs idéologiques et locaux. Alain Reyniers a procédé à une comparaison entre les cas de la France (où la politique d’internement n’a pas conduit à une déportation massive) et de la Belgique, plaidant pour la prise en compte de la mémoire des victimes. Licia Porcedda, dans le même esprit, a relaté la création des camps de Tsiganes dans l’Italie fasciste, et les conditions de vie et le sort final de ceux qu’on y a parqués. Les hésitations de la politique nazie envers le « fléau tsigane » et l’extrême diversité des modes d’extermination a fait apparaître l’impossible formatage historiographique de la violence génocidaire et la stérilité de certains débats, en particulier de la querelle entre « intentionnalistes » et « fonctionnalistes ».
La seconde journée croisait des approches de philosophie (Catherine Coquio, Bertrand Ogilvie, Marie Cuillerai), d’anthropologie (Leonardo Piasere) et de sciences politiques (Eric Fassin, Nando Sigona) pour élargir la réflexion aux ressorts de l’anti-tsiganisme, entre mépris social, haine raciale et dégoût culturel – mêlé d’une nostalgie « bohémienne » pour la vie errante ou le peuple sans Etat – passion collective et construction politique. On a ensuite élargi le spectre historique lui-même, en revenant sur les variations des politiques tsiganes de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. Ilsen About a fait apparaître, à l’aide de séquences de faits précis, l’impressionnante convergence des politiques tsiganes en Europe de l’Ouest au début du XXe siècle : après les arrêtés d’expulsion royaux, les pratiques modernes de fichage familial et d’enfermement visent à mettre au pas cette population jugée trop mobile, désormais suspecte, placée sous haute surveillance. Puis se sont succédés quelques aperçus sur certains moments et phénomènes : l’utilisation d’une imagerie ambivalente dans la propagande franquiste (Xavier Rothéa) ; les politiques d’assimilation dans la Tchécoslovaquie communiste, où prirent leurs sources les discriminations socio-ethniques actuelles et le modèle humanitaire par quoi on tente de les traiter (Celia Donert) ; le sort des minorités roms du Kosovo, prises en otage entre des logiques d’appartenance contradictoires dans l’après-coup d’un conflit ex-yougoslave gros de contentieux (Nando Sigona).
Puis la « question rom » a été abordée sous l’angle politique européen, comme problème destiné à trouver sa « solution » mais comme construction discursive fonctionnelle qui met l’Europe elle-même en question (Eric Fassin). Après l’exposition du traitement juridico-politique de la « minorité rom » dans les instances européennes (Emmanuela Ignatoiu-Sora), le durcissement visible de certaines politiques nationales (France, Italie, Hongrie) a été évoqué au cours d’une table-ronde contradictoire où sont intervenus des chercheurs (Samuel Delépine, Michael Stewart, David Frantz), un représentant du Conseil de l’Europe (Michaël Guet), et celui de la Fédération Nationale des Associations de Soutien aux Tsiganes (Stéphane Lévêque). Derrière la formule ressassée de « la plus importante minorité européenne », au-delà des politiques nationales, l’Europe reconstruit un ancien problème qu’elle décline aujourd’hui sur un mode ethniciste, humanitaire et économique : que va-t-on bien pouvoir faire « des Roms », comment le système pourrait-il les utiliser ?
Les deux dernières journées du colloque, faites d’approches croisées entre l’anthropologie, l’analyse politique, la philologie et la littérature, étaient destinées à comprendre le système complexe des relations qui s’établissent, mouvantes dans le temps et l’espace, entre les mondes tsiganes, dans leurs particularités et particularismes, et un monde non-tsigane prompt à généraliser ou classer, conceptualiser et imaginer le réel à travers de grands paradigmes et glissements analogiques, comme l’a montré Gérard Dessons à propos de l’idée d’errance. Observées sous l’angle de leur productivité, ces relations apparaissent dans une ambiguïté spécifique, faite de solutions de compromis, de quiproquos assumés, où la conscience de soi et de l’autre fait l’objet de jeux de distinction et d’alliance complexes, qui évoluent sous l’effet des politiques locales et des migrations. Ceux-ci ont été analysés à travers des expériences ethnographiques menées en Roumanie par Martin Olivera (les Gabor), Iulia Hasdeu (le rôle des femmes dans l’évolution du sentiment de soi y compris dans la migration), en Hongrie par Kata Horvath (les constructions symboliques liées à la peur et la honte), en Asie centrale par Marco Buttino (avec l’exemple d’un quartier de Samarcande), et en France par Jean-Luc Poueyto (avec les communautés manouches du Béarn).
En mettant en lumière l’existence d’un autre rapport à l’écrit, celui-ci a fait émerger les derniers axes du colloque : les usages oraux et écrits de la langue romani, la teneur idéologique des discours tenus sur elle, les pratiques artistiques et littéraires propres aux mondes tsiganes, ou susceptibles de les en faire sortir. L’idée litigieuse d’un « peuple » associé à cette langue a été abordée à travers les constructions raciales des philologues allemands du début du XIXe siècle (Jean-Louis Georget), puis ses manipulations politiques dans une revendication identitaire trans-européenne idéologisée et monnayée : Cécile Canut en a déconstruit la logique, et a opposé à ces menées l’observation empirique d’un « jeu romanès » plus complexe, notion reprise à P. Williams à l’appui de ses propres observations de socio-linguiste en Bulgarie. La question d’une « littérature tsigane » hors de la langue rom a été évoquée par Cécile Kovacshazy à travers deux écrivains roms de langue hongroise, Jozsef Holdosi et Menyhért Lakatos, qui, dans les années 70, ont entrepris de narrer l’histoire de leurs communautés dans le genre de la chronique fictionnelle, développant ainsi un point de vue intérieur et extérieur, empathique et critique, qui donne aux lecteurs non-tsiganes un accès à la vie intime de leurs communautés.
C’est ce qu’a fait aussi l’écrivain Ian Yoors (Gypsies, 1967), mais à partir de l’autre bord, ex-enfant fugueur accueilli et élevé par une famille tsigane, devenu chroniqueur du monde rom dans une œuvre qui oscille entre mythologie personnelle et observation ethnologique (Alain Reyniers). La rencontre des mondes a ainsi été interrogée à travers un choix de personnalités et d’œuvres frontalières, qui posaient la double question de la littérature comme mode de connaissance ethnographique, et de son statut incertain au sein du monde tsigane. Ce dernier pan de la réflexion s’est conduit à partir de voix et de textes issus d’Europe de l’Est (Tchécoslovaquie, Pologne), ouvrant sur des perspectives transnationales.
Attirant l’attention sur la richesse d’un univers menacé d’engloutissement, Henriette Asséo a développé un ample panorama historique, menant du regard porté par les artistes de la Renaissance sur les étranges voyageurs de « Bohême » ou de « Petite Egypte », jusqu’à l’univers du « Romipen » - la part commune des traditions tsiganes à l’Est - tel qu’il apparaît dans la prise de parole moderne d’Ilona Lackova, Rom slovaque entrée à l’Université, devenue dramaturge et qui, à côté d’une lutte politique pour un mieux-vivre ensemble, a raconté sa « vie de femme tsigane en Tchécoslovaquie » (1984) avec l’aide d’une chercheuse indianiste, Milena Hübschmannovà. Parmi les autres œuvres frontalières, celle de Papusza, rom de Pologne initiée à l’écriture et devenue poétesse, traduite et éditée par le poète Jerzy Ficowski sur fond d’une politique de sédentarisation dont elle fut jugée complice, ce qui provoqua sa mise au ban  - histoire tragique qu’on réécrit aujourd’hui en Pologne (Jean-Yves Potel). C’est de ce destin, et de la figure d’Ilona Lackova, que s’est inspiré l’écrivain irlando-américain Colum Mc Cann dans son roman Zoli (2006), dont Tiphaine Samoyault a proposé une lecture critique, interrogeant les pratiques de plagiat conduites et assumées par l’écrivain pour reconstituer le monde des Roms de l’Est, à partir d’une histoire passée par un certain prisme idéologique (I. Fonseca), présenté abusivement comme le témoignage de la victime.
Claude Mouchard a évoqué l’intensité d’évocations  tsiganes dans l’œuvre musicale de Janacek et dans les fictions de Bohumil Hrabal (Une trop bruyante solitude), avant de conduire un dialogue avec l’écrivain tchèque Martin Smaus : celui-ci, dans son roman Petite, allume un feu…(2010), évoque le monde des Dunka à travers le destin d’un enfant-voleur devenu marginal. Enfin l’extraordinaire postérité du jazz manouche et de son créateur Django Reinhardt, a été évoquée sous la forme d’une méditation poétique et musicale composée par l’anthropologue Patrick Williams accompagné de deux musiciens - en contrepoint de ses travaux pionniers sur le rapport des Manouches à la mort et sur le « mariage tsigane », qui ont joué un rôle considérable pour plusieurs chercheurs rassemblés là.

A ces quatre jours de conférences s’est ajouté un cycle de projections de films et de débats, auxquels ont participé des chercheurs ainsi que des réalisateurs (Tony Gatlif, Teddy Lussy Modeste, Katrin Seybold, Alexandre Romanès), et certains témoins (Raymond Gurême). Ces séances ont permis d’approfondir certains points du colloque en documentant la mémoire historique, à propos de l’internement des Tsiganes en France (R. Pillosio, Des Français sans histoire, 2009), du déni du génocide des Tsiganes en Allemagne (Das falsche Wort, 1987, film co-réalisé par une jeune Allemande et une Sinti, Katrin Seybold et Mélanie Spitta, qui fit brèche en Allemagne), de la généalogie du génocide des Tsiganes à l’échelle européenne (avec la synthèse importante que constitue le film d’Henriette Asséo, Idith Bloch et Juliette Jourdan, Mémoires tsiganes : l’autre génocide, 2011). Ils ont permis aussi, par l’image filmique, de réfléchir sur le folklore et le kitsch liés à la représentation des mondes tsiganes, en particulier dans le cinéma populaire et les films de propagande russes et soviétiques (du court-métrage fictionnel de Vladimir Siversen, Drame dans le camp de Tsiganes de la région de Moscou, qui faisait interpréter à de « vrais » Tsiganes une grandiloquente tragédie d’amour et de crime, au mélodrame d’Emil Lotianu, Les Tsiganes montent au ciel, 1976). Le cycle comprenait également des films d’auteur réalisés dans différents pays de l’Est (Russie, Pologne, Yougoslavie, Hongrie), évoquant le sort de communautés roms dans le cadre de la collectivisation, puis leur paupérisation après la chute du rideau de fer : leurs conditions de vie en milieu urbain (District d’Aron Gauder, 2004, qui évoque les tensions ethniques dans un quartier-ghetto de Budapest), et les effets des politiques anti-migratoires ouest-européennes (Zelimir Zilnik dans Kenedi goes back home, 2003).
L’ensemble était destiné à retourner la « question rom » en question posée à l’Europe sur elle-même : son identité, son histoire, ses perspectives d’avenir, son idée de la « civilisation » et de la « communauté ». L’Europe continue de produire et recycler l’image d’un « Autre » européen, étranger de l’intérieur, indésirable, inadapté. Comment interpréter cette hantise d’un peuple supposé « nomade » et irrémédiablement étranger, à l’heure où l’Union Européenne promeut un modèle de société ouverte fondé sur la « libre circulation des biens et des personnes », et alors que la culture européenne se sait tramée par l’idéal de circulation transnationale et d’échange interculturel ?
Telles étaient les questions posées au cours de ces rencontres, qui donneront lieu à une publication. On trouvera dès janvier 2012 l’enregistrement filmé des conférences, prononcées en français et en anglais, sur le site web du colloque : www.tsiganes-nomades-un-malentendu-europeen.com.